vendredi 9 mars 2018

Eveil






Danse dans le tunnel noir où le son est amplifié
Où ton corps raide se délie et se déchaîne.
Ton oreille se prélasse sur des sons stupéfiés.
Tes pieds caracolent pour se défaire de leurs chaînes.

Lourdes et opaques, ne scintillant plus dans la nuit,
Tes chaînes tombent à terre dans un grand bruit sourd.
Ton rire éclate tel l'éclair de l'orage qui s'enfuit
Aussi strident que le cri de l'éléphant qui accoure.

Ta danse s'apaise et s’enivre jusqu'à ce que la pluie
S'emmêle dans les rigoles clapotant sous tes pieds !
Tu frappes le sol de toute tes forces, ravalant depuis
Tes vies antérieures la colère refoulée.

Tu abîmes tes poings et tu craches ta rage
Les parois du tunnel pierreux subissent tes coups,
Tournoyant sur toi-même presque à la nage
Ravalant ta fierté, tu ne tiens plus debout !

Tu te laisses enfin aller, le corps aux muscles éclatés
Évaporé l'effroi de la glaciale tempête
Les yeux fermés, tu laisses glisser l'eau crottée
Marmonnant doucement des phrases fades, désuètes.

Ton Être se nettoie, des pieds jusqu'à la tête
Le coeur purifié des anomalies entravant ton âme
Dégringolant sur ta peau en striures imparfaites
Tu retrouves en toi-même ton homme et ta femme.

Tu te réconcilies avec l'air, l'herbe et les fleurs
Tu sors du tunnel, jusqu'à oublier toutes tes chaînes
Tu t'installes affamé, assoiffé et en pleurs
Devant l'immensité et la beauté pérenne.



12 avril 2016


Amani Lizah Glaise 




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